Cliquez sur le nom du personnage pour surligner son texte.
Le Roi Lear de William Shakespeare est l’une des tragédies les plus sombres et les plus vertigineuses du répertoire. Pièce de la démesure et de l’effondrement, elle explore la perte du pouvoir, la folie, l’ingratitude et la fragilité humaine, jusqu’à mettre à nu ce qu’il reste de l’homme quand tous les repères sociaux, familiaux et moraux ont disparu.
Lear, roi vieillissant, décide de partager son royaume entre ses filles en échange de déclarations d’amour publiques. Ce geste, à la fois politique et profondément intime, déclenche une catastrophe irréversible. En confondant amour et flatterie, autorité et reconnaissance affective, Lear précipite sa chute et celle de tout un monde. Autour de lui, la pièce déploie un univers de trahisons, de violences et d’errances, doublé du parcours d’un autre père aveugle, Gloucester, qui répète, sous une autre forme, la même erreur tragique.
Pour les comédiens, Le Roi Lear est une épreuve majeure. Le rôle de Lear est l’un des plus exigeants jamais écrits : il traverse toutes les strates de l’expérience humaine — autorité, orgueil, colère, humiliation, folie, lucidité tardive. Le défi est de rendre lisible cette chute sans la précipiter, de laisser apparaître la fragilité derrière la toute-puissance. Lear n’est pas seulement un tyran déchu ; il devient peu à peu un homme dépouillé de tout, capable d’une compassion et d’une vérité qu’il ignorait auparavant. Les rôles de Goneril, Regan et Cordelia exigent eux aussi une grande finesse : la cruauté des deux premières n’est jamais gratuite, tandis que le silence et la retenue de Cordelia sont chargés d’une force tragique immense.
La langue shakespearienne est ici âpre, violente, traversée d’images de nature déchaînée, de corps souffrants, d’animalité. Les tempêtes extérieures font écho à la tempête intérieure de Lear. Le travail sur le vers demande une grande maîtrise : il ne s’agit pas de « dire beau », mais de laisser le texte brûler, se briser, parfois se vider. Les scènes de folie, en particulier, ne sont pas des effets : elles sont des moments de vérité radicale, où le langage se dérègle parce que le monde lui-même a perdu sa logique.
Pour la mise en scène, Le Roi Lear offre un espace d’une liberté vertigineuse. Royaume abstrait, paysage post-apocalyptique, monde contemporain en ruine : toutes les lectures sont possibles, à condition de préserver la violence morale du texte. La scène de la tempête est souvent le cœur symbolique de la pièce, non comme prouesse spectaculaire, mais comme moment de bascule où le roi cesse d’être roi. La fin, d’une cruauté absolue, refuse toute consolation : la mort de Cordelia anéantit toute illusion de justice ou de rédemption facile.
Monter Le Roi Lear, c’est s’engager dans un théâtre de l’extrême, qui ne cherche ni le réconfort ni l’équilibre. Pour les acteurs comme pour les metteurs en scène, c’est une œuvre monumentale, exigeante, qui interroge frontalement le pouvoir, la filiation et la dignité humaine. Une tragédie radicale, qui laisse le spectateur face à une question essentielle : que reste-t-il de l’homme quand tout lui est retiré ?
24 personnages, 29 985 mots de répliques. Durée de parole estimée à 140 mots par minute, hors silences et jeu.
| Personnage | Répliques | Mots | Part du texte | Parole |
|---|---|---|---|---|
| LEAR | 190 | 6 767 |
22,5 %
|
≈ 48 min |
| EDGAR | 100 | 3 454 |
11,5 %
|
≈ 25 min |
| KENT | 127 | 3 088 |
10,3 %
|
≈ 22 min |
| EDMOND | 82 | 2 811 |
9,3 %
|
≈ 20 min |
| GLOCESTER | 92 | 2 177 |
7,2 %
|
≈ 16 min |
| LE FOU | 58 | 2 093 |
6,9 %
|
≈ 15 min |
| GONERIL | 53 | 1 707 |
5,7 %
|
≈ 12 min |
| RÉGANE | 72 | 1 650 |
5,5 %
|
≈ 12 min |
| ALBANY | 58 | 1 229 |
4,1 %
|
≈ 9 min |
| CORDÉLIA | 32 | 1 014 |
3,4 %
|
≈ 7 min |
| CORNOUAILLES | 54 | 837 |
2,8 %
|
≈ 6 min |
| GLOUCESTER | 26 | 815 |
2,7 %
|
≈ 6 min |
| OSWALD | 38 | 571 |
1,9 %
|
≈ 4 min |
| LE CHEVALIER | 20 | 532 |
1,8 %
|
≈ 4 min |
| LE ROI DE FRANCE | 5 | 280 |
0,9 %
|
≈ 2 min |
| L'OFFICIER | 13 | 173 |
0,6 %
|
≈ 1 min |
| LE MÉDECIN | 8 | 156 |
0,5 %
|
≈ 1 min |
| LE MESSAGER | 7 | 154 |
0,5 %
|
≈ 1 min |
| LE GENTILHOMME | 10 | 122 |
0,4 %
|
≈ 1 min |
| CURAN | 4 | 86 |
0,3 %
|
≈ 1 min |
| LE DUC DE BOURGOGNE | 5 | 81 |
0,3 %
|
≈ 1 min |
| LE VIEILLARD | 9 | 71 |
0,2 %
|
≈ 1 min |
| LE HÉRAUT | 3 | 67 |
0,2 %
|
≈ 1 min |
| LE SERVITEUR | 3 | 50 |
0,2 %
|
≈ 1 min |
Créez gratuitement sa fiche : spectacles, agenda, recrutement, et toute l'organisation de la troupe.