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Ce monologue en vers de Mademoiselle Rosamond est un bijou de théâtre comique, à la croisée du vaudeville et de la satire sentimentale. Construit comme un flux de pensée presque continu, il épouse les élans, les contradictions et les emballements d’une jeune fille qui se rêve héroïne de roman… avant d’être brutalement ramenée à la réalité. Pour une comédienne, c’est un terrain de jeu délicieux ; pour un metteur en scène, un exercice de rythme, de clarté et d’adresse au public.
Le texte repose sur une mécanique très simple : une décision impulsive — écrire à son amoureux pour se faire enlever — déclenche une succession de raisonnements exaltés, d’images romanesques et de revirements affectifs. Rosamond passe de la bravoure à l’angoisse, de l’assurance à la panique morale, de la rébellion à la culpabilité filiale. Tout est excessif, mais toujours sincère. Le comique naît de cet écart permanent entre l’importance qu’elle accorde à son geste et la naïveté de ses motivations.
Pour le jeu, le monologue demande une grande précision rythmique. Les vers sont clairs, vifs, souvent très narratifs, et appellent une diction fluide, presque parlée, sans jamais perdre la musicalité. La comédienne doit faire entendre les changements de pensée, les accélérations, les suspensions, comme si le public assistait en direct à la fabrication de la décision. Rosamond n’est pas une ingénue plate : elle est intelligente, imaginative, excessive, et profondément contradictoire. Le défi est de ne jamais la juger, mais de la défendre pleinement, même dans ses enfantillages.
La dimension comique repose aussi sur le rapport au public. Ce monologue fonctionne très bien comme une confidence, une conversation à sens unique où le spectateur devient le témoin privilégié — voire le complice — de ses élans. Les références aux romans, aux enlèvements idéalisés, aux conventions sociales sont autant de clins d’œil qui gagnent à être adressés frontalement. La chute finale, basée sur l’erreur de lettre, renverse tout le sérieux accumulé et ramène le drame au pur vaudeville, presque à la farce.
En mise en scène, le dispositif peut rester minimal : une table, une lettre, un espace intime suffisent. L’essentiel est ailleurs : dans le corps, dans la vivacité du jeu, dans la lisibilité du chemin émotionnel. Ce monologue peut être traité comme un moment suspendu, une bulle théâtrale autonome, ou s’inscrire dans un ensemble plus large, mais il porte en lui-même toute sa dramaturgie.
Travailler ce texte, c’est explorer un théâtre du mouvement intérieur, où l’imaginaire déborde le réel, et où le rire naît de la sincérité même des émotions. Un monologue exigeant, finement écrit, qui permet à une comédienne de déployer une large palette de jeu, entre candeur, exaltation et lucidité soudaine.
1 personnage, 911 mots de répliques. Durée de parole estimée à 140 mots par minute, hors silences et jeu.
| Personnage | Répliques | Mots | Part du texte | Parole |
|---|---|---|---|---|
| Mademoiselle Rosamond | 1 | 911 |
100 %
|
≈ 7 min |
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