Les pièces et monologues de Georges Feydeau à lire en ligne, à travailler et à jouer.
12 textes
Georges Feydeau · Pièce de théâtre
Amour et piano est une courte comédie de Feydeau où tout repose sur la vitesse, le malentendu et la précision du jeu. Dans ce salon bourgeois, un simple rendez-vous autour d’une leçon…
Georges Feydeau · Pièce de théâtre
Le Dindon est une machine de théâtre d’une précision redoutable, où chaque réplique, chaque entrée, chaque faux pas déclenche un engrenage de quiproquos, de jalousies et de désirs mal contenus. Feydeau y…
Georges Feydeau · Pièce de théâtre
Mais n’te promène donc pas toute nue ! de Georges Feydeau est une farce politique et conjugale d’une efficacité redoutable, où le vaudeville se fait satire sociale. Courte, nerveuse, parfaitement réglée, la…
Georges Feydeau · Pièce de théâtre
« Monsieur Nounou » est une machine de comédie typiquement feydalienne, construite sur le quiproquo, la fuite en avant et la virtuosité des rapports de force. Une simple confusion d’identité fait basculer…
Georges Feydeau · Pièce de théâtre
Notre Futur est une courte comédie de salon, vive et cruelle, où Feydeau installe d’emblée les ressorts qui feront tout son sel : le malentendu, l’aveuglement amoureux, la concurrence entre femmes, et…
Georges Feydeau · Pièce de théâtre
On purge bébé ! de Georges Feydeau est l’une des farces les plus radicales et les plus efficaces du théâtre de boulevard. Courte, explosive, d’une mécanique implacable, la pièce est un concentré…
Georges Feydeau · Pièce de théâtre
Par la fenêtre est une courte pièce de Georges Feydeau où tout repose sur une mécanique de vaudeville d’une précision redoutable. En quelques échanges seulement, une situation banale bascule dans une cascade…
Georges Feydeau · Pièce de théâtre
Plongée au cœur du vaudeville, cette comédie de Georges Feydeau déploie toute la mécanique implacable du quiproquo et de l’emballement comique. Avec une précision d’horloger, l’auteur orchestre la chute d’un homme ordinaire,…
Georges Feydeau · Pièce de théâtre
Georges Feydeau compose avec Un bain de ménage une mécanique comique d’une précision remarquable, fondée sur la méprise, l’impatience, le quiproquo et la montée vertigineuse du malentendu. Tout part d’une situation banale…
Georges Feydeau · Monologue
Ce monologue en vers de Mademoiselle Rosamond est un bijou de théâtre comique, à la croisée du vaudeville et de la satire sentimentale. Construit comme un flux de pensée presque continu, il…
Georges Feydeau · Pièce de théâtre
Un fil à la patte est l’une des grandes machines comiques de Feydeau, mais c’est aussi, pour des comédiens comme pour des metteurs en scène, une formidable leçon de précision. Tout y…
Georges Feydeau · Monologue
Le personnage refuse l’artifice théâtral. Il prétend défendre la logique, le réalisme, la dignité humaine : « Un homme raisonnable ne parle pas tout seul ; il pense. » Ce qui l’agace,…
Georges Feydeau naît à Paris en 1862, dans un milieu où le théâtre et la vie mondaine se côtoient de près. Très tôt, il observe les comportements de société, les faux-semblants, les emballements du désir et les mécanismes du quiproquo, autant de matériaux qu’il transformera plus tard en un théâtre d’une précision redoutable. Son parcours d’auteur s’inscrit dans la grande tradition du vaudeville, mais il lui donne une vigueur, une vitesse et une sophistication qui en font l’un des dramaturges les plus singuliers de la scène française.
Feydeau commence par écrire des pièces en un acte avant de s’imposer comme un maître du dispositif comique. Ses premiers succès révèlent déjà ce qui deviendra sa marque: l’art de construire des situations où tout dérape par excès de logique, de désir ou de mauvaise foi. Dans des œuvres comme Amour et piano, Chat en poche ou Le Dindon, il affine une mécanique dramatique fondée sur les entrées et sorties, les portes qui claquent, les malentendus, les substitutions d’identité et les mensonges en cascade. Chez lui, le rire naît moins de la plaisanterie isolée que de l’enchaînement implacable des causes et des effets.
Le théâtre de Feydeau est indissociable de la scène: ses pièces demandent une exactitude absolue dans le rythme, les déplacements, les temps de réplique et la gestion de l’espace. Un appartement bourgeois, un hôtel, une chambre, un salon deviennent des machines à produire du désordre. Des titres comme L’Hôtel du libre échange, La Puce à l’oreille, La Dame de chez Maxim ou Feu la mère de madame montrent combien il sait faire d’un lieu banal le cœur d’un vertige comique. Pour les comédiens, ses pièces exigent une partition presque musicale; pour les metteurs en scène, elles réclament une précision chorégraphique où chaque silence compte autant qu’une réplique.
Ce qui caractérise ses œuvres à la scène, c’est aussi la peinture d’un monde où les conventions sociales se fissurent sous la pression du désir. Mariages, adultères supposés, promesses ambiguës, jalousies et fausses certitudes composent un univers où les personnages croient gouverner leur situation, alors qu’ils en sont les jouets. Dans Le Dindon, La Main passe ! ou Je ne trompe pas mon mari, Feydeau pousse les rapports de couple jusqu’à l’absurde, révélant la fragilité des apparences bourgeoises avec une cruauté réjouissante.
Son écriture se distingue par une langue vive, nette, souvent sèche, qui laisse peu de place à l’ornement mais beaucoup au nerf dramatique. Les répliques sont brèves, les motifs se répètent et se déplacent, les situations se resserrent jusqu’à l’emballement. Feydeau travaille le rire comme une montée de pression: plus les personnages s’efforcent de sauver les apparences, plus ils s’enlisent. Cette logique atteint une forme d’aboutissement dans des pièces comme La Puce à l’oreille ou L’Homme de paille, où l’architecture comique devient presque une démonstration.
À partir de la fin du XIXe siècle, Feydeau connaît une reconnaissance durable, et ses créations s’imposent comme des épreuves de vérité pour les interprètes. Ses œuvres traversent le temps parce qu’elles reposent sur des ressorts universels: désir, peur du scandale, mensonge, gêne, orgueil. Mais elles restent aussi très liées à leur époque, celle d’une bourgeoisie sûre d’elle-même et facilement déstabilisée. Dans des pièces comme Hortense a dit “je m’en fous”, Champignol malgré lui ou Cent millions qui tombent, Feydeau fait de l’institution sociale, familiale ou militaire un théâtre d’absurdité contagieuse.
Sa vie personnelle se dégrade au début du XXe siècle, notamment sous l’effet de troubles psychiques qui l’éloignent progressivement de la scène. Il meurt à Rueil-Malmaison en 1921, laissant une œuvre qui demeure un répertoire essentiel pour les scènes françaises et internationales. Pour les artistes d’aujourd’hui, Feydeau reste un auteur de référence parce qu’il exige le plus difficile: une exactitude absolue au service d’un chaos parfaitement organisé, où le comique naît de la rencontre entre la rigueur de l’écriture et la déroute des personnages.
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