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On purge bébé ! de Georges Feydeau est l’une des farces les plus radicales et les plus efficaces du théâtre de boulevard. Courte, explosive, d’une mécanique implacable, la pièce est un concentré du génie de Feydeau : un théâtre de la situation, du rythme et de l’absurde, où le quotidien le plus banal devient un champ de bataille.
L’intrigue repose sur un prétexte dérisoire : un enfant constipé qu’il faudrait absolument purger. Autour de ce détail domestique s’enclenche une catastrophe en chaîne. Follavoine, industriel sérieux, tente de conclure un marché avec un haut fonctionnaire, pendant que sa femme n’a qu’une obsession : faire prendre son purgatif à leur fils. L’impossibilité de concilier vie privée et affaires, l’irruption du corps et de l’intime dans le monde policé des conventions sociales font exploser toute tentative de rationalité. Chez Feydeau, ce n’est jamais l’événement exceptionnel qui provoque le chaos, mais l’acharnement à maintenir l’ordre.
Pour les comédiens, On purge bébé ! est un exercice de précision redoutable. Le jeu doit être d’une exactitude chirurgicale : entrées, sorties, ruptures de ton, accélérations, tout repose sur le tempo. Le comique ne vient pas de l’improvisation, mais de la rigueur. Les personnages sont pris dans leurs obsessions respectives et incapables d’en sortir, ce qui crée un décalage permanent entre ce qu’ils veulent dire et ce qui se produit réellement. Le rôle de Follavoine, notamment, demande une maîtrise du comique de nerfs, entre autorité, panique et humiliation progressive.
Pour la mise en scène, la pièce est un laboratoire idéal. L’espace domestique peut être traité comme une machine infernale, où chaque objet devient un obstacle ou une menace. Le naturalisme fonctionne parfaitement, mais des choix plus stylisés ou contemporains peuvent accentuer la violence burlesque du texte : la pression sociale, la performance masculine, l’échec du modèle familial. On purge bébé ! permet aussi un travail fin sur les corps, les gestes répétitifs, les montées de tension quasi musicales.
Monter On purge bébé !, c’est assumer un théâtre de la vitesse et de l’excès, où le rire naît de l’impossibilité de maîtriser le réel. Pour les acteurs comme pour les metteurs en scène, c’est une pièce courte mais exigeante, qui rappelle que chez Feydeau, le comique est une affaire de rigueur absolue… et que le chaos est toujours à portée de chaise, de porte, ou de cuillère à purgatif.
7 personnages, 14 439 mots de répliques. Durée de parole estimée à 140 mots par minute, hors silences et jeu.
| Personnage | Répliques | Mots | Part du texte | Parole |
|---|---|---|---|---|
| Follavoine | 407 | 6 481 |
44,9 %
|
≈ 46 min |
| Julie | 344 | 5 509 |
38,1 %
|
≈ 39 min |
| Chouilloux | 135 | 1 717 |
11,9 %
|
≈ 12 min |
| Toto | 44 | 285 |
2 %
|
≈ 2 min |
| Rose | 29 | 229 |
1,6 %
|
≈ 2 min |
| Madame Chouilloux | 14 | 142 |
1 %
|
≈ 1 min |
| Truchet | 10 | 76 |
0,5 %
|
≈ 1 min |
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