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Les Femmes savantes de Molière est l’une des grandes comédies de mœurs de la fin de carrière de Molière. Plus ample et plus construite que Les Précieuses ridicules, elle dépasse la simple satire pour interroger le rapport au savoir, à l’autorité intellectuelle et à la place des femmes dans la société. Sous le rire, la pièce pose une question toujours actuelle : qu’est-ce qu’un savoir légitime, et qui a le droit de le détenir ?
Philaminte, Bélise et Armande règnent sur un salon dominé par la passion des sciences et des belles lettres. Elles idolâtrent Trissotin, poète médiocre mais habile flatteur, au point de sacrifier l’équilibre familial à son prestige supposé. Face à elles, Chrysale défend une vision plus pragmatique et domestique du monde, tandis qu’Henriette aspire simplement à aimer et à vivre librement. La pièce ne condamne pas le savoir féminin en soi, mais l’affectation, l’orgueil et la fascination pour les faux savants.
Pour les comédiens, Les Femmes savantes est une partition d’une grande précision. Philaminte n’est pas une caricature hystérique : elle est intelligente, structurée, sincèrement convaincue d’agir pour le bien. C’est cette conviction qui rend son autorité comique et parfois inquiétante. Armande incarne un idéalisme rigide, presque ascétique, tandis que Bélise glisse vers une illusion plus fantasque. Trissotin est un rôle clé : faux modeste, opportuniste, il doit être joué avec une finesse ironique, sans lourdeur. Quant à Chrysale, il ne peut être réduit à un mari dominé ; son bon sens est souvent vacillant, et son autorité fragile.
La langue est d’une richesse remarquable. Les joutes verbales, les scènes de lecture poétique, les raisonnements pseudo-scientifiques sont autant de moments où le texte exige clarté et rythme. Le comique naît de l’écart entre la grandeur affichée des discours et la médiocrité réelle des intentions. Les alexandrins doivent être dits avec fluidité, sans emphase excessive, afin de préserver la vivacité de la pensée.
Pour la mise en scène, Les Femmes savantes offre une grande liberté. Le salon peut être traité comme un espace de pouvoir intellectuel, presque académique, ou transposé dans un univers contemporain où l’on cultive le prestige culturel et l’entre-soi. La pièce résonne particulièrement bien dans des contextes actuels où l’image, la notoriété et le discours savant deviennent des outils de domination symbolique.
Monter Les Femmes savantes, c’est travailler une comédie à la fois brillante et critique, où le rire révèle les excès de l’orgueil intellectuel et les dérives de l’autorité culturelle. Pour les acteurs comme pour les metteurs en scène, c’est une œuvre exigeante, subtile, qui rappelle que chez Molière, la satire vise moins le savoir que la vanité — et que l’équilibre entre esprit et humanité reste toujours fragile.
13 personnages, 17 108 mots de répliques. Durée de parole estimée à 140 mots par minute, hors silences et jeu.
| Personnage | Répliques | Mots | Part du texte | Parole |
|---|---|---|---|---|
| PHILAMINTE | 125 | 2 813 |
16,4 %
|
≈ 20 min |
| CLITANDRE | 56 | 2 578 |
15 %
|
≈ 18 min |
| HENRIETTE | 66 | 2 254 |
13,2 %
|
≈ 16 min |
| CHRYSALE | 114 | 2 181 |
12,7 %
|
≈ 16 min |
| ARMANDE | 70 | 2 047 |
11,9 %
|
≈ 15 min |
| TRISSOTIN | 87 | 1 703 |
9,9 %
|
≈ 12 min |
| BÉLISE | 66 | 1 368 |
8 %
|
≈ 10 min |
| ARISTE | 61 | 1 054 |
6,2 %
|
≈ 8 min |
| VADIUS | 29 | 493 |
2,9 %
|
≈ 4 min |
| MARTINE | 21 | 468 |
2,7 %
|
≈ 3 min |
| LE NOTAIRE | 8 | 85 |
0,5 %
|
≈ 1 min |
| JULIEN | 2 | 34 |
0,2 %
|
≈ 1 min |
| L'ÉPINE | 2 | 30 |
0,2 %
|
≈ 1 min |
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