Les pièces et monologues de Molière à lire en ligne, à travailler et à jouer.
17 textes
Molière · Comédie
Dom Juan de Molière est une œuvre singulière et profondément dérangeante dans le répertoire classique. À la croisée de la comédie, de la tragédie et du drame philosophique, la pièce met en…
Molière · Pièce de théâtre
« George Dandin » est une comédie en trois actes où Molière pousse jusqu’à la cruauté le conflit entre désir d’ascension sociale, orgueil de caste et guerre domestique. Tout part d’un mariage…
Molière · Pièce de théâtre
L’Avare de Molière est l’une des grandes comédies de caractère du répertoire, une pièce où le rire naît de l’excès poussé jusqu’à l’obsession. Sous la farce et la cruauté comique, Molière compose…
Molière · Pièce de théâtre
L’École des femmes de Molière est l’une des comédies les plus audacieuses et les plus complexes du répertoire classique. Derrière la vivacité du comique et la précision de la farce, la pièce…
Molière · Pièce de théâtre
Le Bourgeois gentilhomme de Molière est une comédie-ballet emblématique, où la farce, la satire sociale et la musique s’entrelacent pour dresser le portrait jubilatoire d’un homme obsédé par l’ascension sociale. Sous le…
Molière
Le Malade imaginaire de Molière est à la fois une grande comédie farcesque et une œuvre crépusculaire, où le rire côtoie une forme de gravité lucide. Dernière pièce de Molière, elle pousse…
Molière · Pièce de théâtre
Le Médecin malgré lui de Molière est l’une des grandes comédies farcesques du répertoire, où la satire sociale s’allie à une mécanique comique d’une redoutable efficacité. Derrière l’énergie burlesque et la succession…
Molière · Pièce de théâtre
Le Misanthrope de Molière est sans doute la comédie la plus complexe et la plus ambiguë de son théâtre. Derrière l’élégance des salons et la vivacité des échanges mondains, la pièce met…
Molière · Pièce de théâtre
Les Fâcheux naît d’une idée simple et vertigineuse : faire du théâtre le lieu même de l’imprévu, de l’interruption et de l’irrésistible comédie du dérangement. Molière y observe un monde gouverné par…
Molière · Pièce de théâtre
Les Femmes savantes de Molière est l’une des grandes comédies de mœurs de la fin de carrière de Molière. Plus ample et plus construite que Les Précieuses ridicules, elle dépasse la simple…
Molière · Pièce de théâtre
Les Fourberies de Scapin de Molière est l’une des comédies les plus jubilatoires du répertoire, une machine théâtrale fondée sur l’invention, la ruse et l’énergie du jeu. Héritière directe de la commedia…
Molière · Pièce de théâtre
Les Précieuses ridicules de Molière est une comédie en un acte aussi vive que mordante, qui marque l’un des premiers grands succès de Molière. Sous le rire et la caricature, la pièce…
Molière · Pièce de théâtre
Mélicerte de Molière est une pastorale héroïque inachevée, écrite pour les fêtes royales de 1666. Œuvre moins connue que ses grandes comédies, elle offre pourtant un terrain de travail singulier, à la…
Molière · Comédie
Ce monologue de Harpagon, extrait de L'Avare de Molière, est un morceau de bravoure emblématique du théâtre comique classique. Il marque un basculement dans la pièce : le moment où l’obsession d’Harpagon…
Molière · Pièce de théâtre
Monsieur de Pourceaugnac est l’une des grandes comédies de Molière où le théâtre se fait machine de guerre, laboratoire du mensonge et fête de la cruauté sociale. Sous l’apparence d’une intrigue de…
Molière · Pièce de théâtre
Sganarelle ou le Cocu imaginaire de Molière est une farce d’une précision redoutable, où le comique naît presque exclusivement du malentendu, du regard porté sur l’autre et de l’emballement de l’imagination. Courte,…
Molière · Pièce de théâtre
Le Tartuffe de Molière est une comédie majeure du théâtre classique, mais aussi une œuvre profondément politique et subversive. Sous le rire et la satire, la pièce interroge la manipulation, l’emprise morale…
Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, naît à Paris en 1622 et meurt dans la même ville en 1673. Son parcours importe autant que son œuvre pour qui veut le jouer ou le monter : fils de tapissier du roi, formé au droit, il choisit très tôt la scène, fonde avec Madeleine Béjart et la troupe de l’Illustre Théâtre, puis traverse la France pendant plus de dix ans de tournée. Cette expérience forge un dramaturge au contact direct du public, attentif aux rythmes de jeu, aux effets de farce, à l’écoute de la salle et à l’efficacité scénique.
Revenu à Paris en 1658 sous la protection de Louis XIV, Molière devient l’un des auteurs les plus joués de son temps. Son théâtre se situe à la croisée de la farce, de la comédie de caractères, de la satire sociale et du théâtre d’idées. Pour les comédiens, ses pièces demandent une précision de diction, un sens du tempo, une grande intelligence de la répartie et une exactitude corporelle : chez lui, le texte ne suffit jamais, il faut un acteur capable de faire entendre l’ironie, la tension et la dynamique du rapport de force.
Les premières œuvres, comme L’Étourdi ou les Contretemps et Le Dépit amoureux, manifestent déjà son goût pour l’intrigue vive, les quiproquos, les valets agissants et les situations en cascade. Molière y hérite de la tradition italienne de la commedia dell’arte, mais il la francise avec une netteté de vers, une construction dramatique plus rigoureuse et une caractérisation plus sociale. À la scène, cela implique une mécanique précise : le jeu doit conserver l’élan burlesque sans perdre la lisibilité des enjeux.
Avec Les Précieuses ridicules, il impose une veine satirique qui devient l’une de ses signatures. Il observe les modes, les affectations du langage, les usages mondains, et fait du ridicule un instrument de dévoilement. Ce théâtre ne se contente pas de dénoncer ; il montre des corps et des voix prisonniers de leurs manières de parler. Pour la scène, cela suppose un art du décalage entre le sérieux du personnage et la vérité comique révélée par l’action.
La période des grandes comédies des années 1660 marque son sommet : L’École des femmes, La Critique de l’École des femmes, L’Impromptu de Versailles, Le Misanthrope, Le Tartuffe, Dom Juan, Le Médecin malgré lui, Le Médecin volant ou encore Le Mariage forcé. Molière y approfondit la tension entre désir, ordre social, hypocrisie et liberté. Ses pièces deviennent de plus en plus fines dans leur architecture : au comique de situation s’ajoute une inquiétude morale, parfois une cruauté lucide, qui donne aux scènes leur nerf et leur ambiguïté.
Chez Molière, les personnages ne sont jamais de simples types : l’Avare, le Jaloux, le Dévot, le Bourgeois, le Médecin, le Mari ou la Femme savante deviennent des forces de théâtre. L’Avare, George Dandin, Dom Garcie de Navarre, Les Femmes savantes, Le Bourgeois gentilhomme ou Les Fourberies de Scapin offrent des rôles où la psychologie se révèle par le geste, la syntaxe, la répétition, le masque social. Pour un metteur en scène, l’enjeu est de rendre visibles les mécanismes intérieurs par le jeu du corps, du costume, de la voix et de l’espace.
Il faut aussi voir en Molière un dramaturge de la scène comme lieu d’affrontement. Les couples, les familles, les maîtres et les valets, les maris et les épouses, les médecins et les malades y débattent, s’espionnent, se piègent et se démasquent. Dans Tartuffe, Le Malade imaginaire, Le Misanthrope ou La Jalousie du barbouillé, le dialogue est une arme ; la parole masque autant qu’elle révèle. C’est pourquoi ses pièces exigent des acteurs un grand art de l’adresse, du sous-texte et de la rupture de ton.
La place de la musique, de la danse et du spectaculaire compte également, notamment dans Le Bourgeois gentilhomme, Les Amants magnifiques, La Princesse d’Élide, Le Sicilien ou l’Amour peintre ou Amphitryon. Molière écrit pour une scène où le théâtre dialogue avec la fête, la machine, le ballet, le chant. Cela invite encore aujourd’hui à penser ses pièces comme des objets scéniques complets, où le mouvement, le rythme et la composition visuelle participent au sens autant que le texte.
Sa mort survient à Paris en 1673, peu après une représentation du Malade imaginaire. La légende de l’auteur mourant en scène dit quelque chose d’essentiel : chez Molière, l’écriture est indissociable de la pratique du plateau. Il a pensé pour les acteurs, contre les faux-semblants, avec le public, et ses pièces continuent de demander à la scène ce qu’il a toujours exigé d’elle : de la justesse, du rythme, du courage et une intelligence aiguë du vivant.
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